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 (rusem) chapitre un.

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MessageSujet: (rusem) chapitre un.    Mer 12 Aoû - 22:02

“On passe une moitié de sa vie à attendre ceux qu'on aimera et l'autre moitié à quitter ceux qu'on aime.”

young and beautiful x lana del rey

Il a la tête en vrac, le visage tuméfié. Il ressemblerait à se méfier à un boxer sorti d'un combat. Et quel combat. Celui d'une vie. Celui où deux meilleurs amis de déchire. Comment ils avaient pu en arriver là ? Comment avaient-ils pu devenir ce genre de personne ? Ce genre de frère qui s’entre tuaient pour les beaux yeux d'une gazelle aux longues jambes ? Est-ce qu'elle en valait la peine ? Il ne le savait même plus, Wissem était paumé. Noyé dans un océan d'emmerde plus grosse que lui. Si seulement, il n'y avait que l'histoire de ce foutu carrosse. Parce qu'au final, elle était banal, non ? Simple à déjoué. Il n'avait pas la fille. C'était tout, ce n'était pas lui le grand héro de l'histoire. Il ne serait jamais le chevalier en armure sur son noble destrier. Il n'était que Wissem. Le bon ami, le rigolo, le gamin. Peut-être qu'il aurait du plus s’épancher sur ses problèmes, se donner cet aura de bad boy qu'avait Deimos. Car, oui, s'ils savaient. S'ils se doutaient qu'une minute que le plus dangereux, le plus nocif des deux, c'était lui. L'adorable, et souriant, Wissem. Il en rirait la gorge déployée devant leur tête ahurit. Moi, j'ai tué quelqu'un. Moi, j'ai fait des choses que personne ne peut imaginer.  La main sur le cœur le poing dans la poche, il en avait presque les larmes au ras des cils. Et son passé qui courait à sa porte. Comme s'il n'avait que ça à gérer. C'était tellement dur tous les jours de garder ce masque de mec sympa, de mec gentil, compréhensif, d'adorable petit chiot. Ah qu'il haïssait sa destinée, autant qu'il l'embrasait d'un amour irréductible. Il n'était que le serviteur immuable d'un chemin tracé bien avant sa naissance.  Et peut-être que les étoiles n'avaient été que de sinistre farceuse, mai elles brillaient toujours un peu pour lui. Alors, il regardait le ciel, un sourire à ses lèvres écorchées. Une cigarette au bec, il déjouait peut-être la providence, s'évertuant à se tuer à petit feu. Mais lui, ce petit con, ce petit gamin à la destiné fulgurante, oui, lui, il ne voulait que mourir sous des applaudissements. Qu'on hurle son nom, qu'on le sanctifie, et qu'il rentre dans les livres d'histoires. Pour qu'enfin, tous les sacrifices qu'il avait fait, tous les choix si durs qu'il avait effectué, payent. Il tira une taffe, avançant encore dans cette nuit noire. Seuls les bruits d'un sanglot venait déranger la pureté presque sacré de l'instant. Il n'avait qu'une envie lui dire de dégager, la répudier comme une malpropre. Mais, il était Wissem, il fallait qu'il comble le mal qu'il avait fait avec un peu de bien. Alors, il s'assit à côté d'elle. Elle avait l'air jolie. De délicieux cheveux roux qui voulaient sur ses épaules. Et cet odeur, Allah, celle d'un ange. « T'en veux une ? » Posa-t-il d'un air un peu bête. Il ne savait que lui dire à cette fille qui semblait juste vaguement familière, elle et ses grandes aubes mouillés.


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MessageSujet: Re: (rusem) chapitre un.    Mer 12 Aoû - 23:58

Mais quelle conne ! Mais quelle conne ! Tu croyais quoi hein ? Que Lyndon était une réincarnation de la sorcière de l’Ouest ? Qu’elle se transformait la nuit venue en une créature à la peau verte qui prépare des mauvais coups dans son coin ? Tu croyais quoi au juste ? Que c’était une salope ? Bah t’as eu ta réponse. Lyndon est parfaite. Alors bien sur qu’il s’intéresse à elle, bien sur qu’il est amoureux d’elle. Ce que tu comprends moins, c’est pourquoi elle, elle ne l’est pas. Mais ce n’est pas pour ça que tu finis par frapper dans un bout d’arbre devant toi. C’est parce que tu t’es trompée. Sur toute la ligne. Depuis le début. T’as toujours été jalouse de Lyndon Dwight. Tu l’as toujours haït parce qu’elle avait, évidemment, ce que tu ne pouvais avoir. Parce qu’elle avait celui que tu ne pouvais avoir. Que tu n’auras jamais. Et comme pour te rassurer, t’as toujours eu besoin de te dire que c’était une conasse qui ne prenait pas en compte les sentiments des autres. Que c’était une fille facile, une fille de joie. Mais rien. Rien de tout cela n’est vrai putain. Rien ! Tu t’es gourée, comme une débutante, comme une naïve ado jalouse. Une petite gamine qui pense que penser du mal de quelqu’un de mieux va l’aider à monter dans l’esprit des autres. Mais t’étais juste une belle conne en fait. Sans même prendre le temps d’y penser, tu te diriges toute habillée dans le lac. C’est pas le froid qui te tuera. La honte, le dégoût de toi-même, probablement oui. Mais pas le froid. Tu fais quelques mouvements rapides à l’intérieur du lac, t’éloignant de la berge. Mais quelle conne ! Tu tapes dans l’eau, frustrée. Qui pensais-tu être ? Le juge et le bourreau ? T’es pas censé juger les gens que tu connais pas. Bien sur, tout le monde le fait. Mais putain, si seulement tu apprenais à pas le faire, ça t’épargnerais des surprises, des galères comme celle-ci. Oui, Lyndon Dwight, si le garçon dont t’es amoureuse était pas amoureux d’elle, tu pourrais certainement être amie avec elle. Et merde quoi, l’idée t’effrayes. Ça te fait grave flipper. C’est pas normal. C’est bizarre. Tu mets la tête dans l’eau, laissant tes cheveux remonter à la surface. Puis tu nages, jusqu’à la rive. Tu commences pas à avoir froid non. Mais avec tes nombreuses expériences, t’as appris combien de temps tu pouvais te risquer à t’amuser dans l’eau sans danger. Tu te traines jusqu’à un arbre, et tu tapes dessus. « Jävlar !* » T’as mal aux phalanges, mais pour le moment, c’est franchement pas ton sujet de pensées principal. Pourquoi est-ce que cette fille peut pas seulement être une salope ? Ce serait franchement plus simple ! Une fille facile à détester. Que ta jalousie puisse coïncider avec la haine pour le personnage en personne. Mais non ! Évidemment ! Fallait que ce soit une fille au cœur d’or. Une fille sympa, drôle, qui percute juste pas tout, et pas assez rapidement. Mais merde quoi. Dans l’histoire, tu deviens la méchante. Alors que c’était pas censé être toi. Tout le temps, c’était elle. Pourquoi ? Mais pourquoi diable t’as pas été juste capable de te casser en la voyant ?

Tu finis par t’assoir, épuisée. Pas contre l’arbre, non, mais pas non plus trop proche du lac. Pile entre les deux. Et tu pleures. Ouais, tu pleures. Comme une gamine. Parce que t’as fait une belle bourde. Et que tu te sens tellement, mais tellement nulle. T’as l’impression de retrouver tes 19 ans après avoir fait un voyage dans tes 15 ans pendant une bonne année. A détester une fille qui méritait tout, sauf ça. Tu veux plus te battre, pas contre elle. Et tu pleures. Parce que pendant tout ce temps, t’as pensé, intérieurement, sans te l’avouer vraiment que Wissem, il l’aimait pas cette fille. Qu’il pensait l’aimer, parce qu’elle était canon. Mais que, vu que sa personnalité devait être fade et vide, il prenait un crush d’ado pour de l’amour. Mais quelle conne ! Bien sur qu’il l’aime cette fille. Et y’a de quoi. Et de te l’avouer, bah ça te fait un mal de chien. Parce que t’as perdue une année de ta vie à haïr quelqu’un à qui tu pouvais juste parler que rien de tout ça serait arrivé. Si seulement tu lui avais parlé plus tôt à la Lyndon, si ça se trouve, vous seriez potes aujourd’hui. Tu serais jamais tombé amoureuse de Wissem qui sait ? T’aurais jamais eu ses pensées dévastatrices en les voyant se rouler une pelle devant tout le monde. Tout aurait été différent. Si. Mais. Peut-être. Qu’est-ce que tu hais ces mots. Ta vie serait faite de Si, de Mais et de Peut-être, elle serait tellement plus belle, plus rose. Si je l’avais connu plus tôt, peut-être que j’aurais du aller voir Wissem plus tôt. Mais. C’est celui que tu détestes le plus. Oh, c’est facile de te donner des excuses débiles hein… Mais, elle est pas dans la même faction que toi. Mais, il était trop impressionnant. Mais, mais, mais. Mais rien ! Le vide ! Le silence ! La solitude ! Cette solitude que tu cherches et que tu détestes en même temps, cette solitude que tu aimes autant que tu la hais. Tu essuies rageusement quelques larmes, mais elles continues de couler. Mais arrête de pleurer sérieux, on dirait une fontaine ! T’es ridicu… « T’en veux une ? » « Non. » Tac au tac. Encore une fois, réfléchis avant de parler Run ! Réfléchis et observe au lieu de poser un jugement, une réponse que tu regretteras. Un instant. Tu tournes ta tête vers la provenance de la voix, et ton souffle se coupe. Qu’est-ce qu’il fait là ? Pourquoi il est là ? Tu baisses la tête, essuies tes larmes, qui étonnement, ont arrêtés de tomber. Rire jaune. Évidemment. Et tu souris timidement « Désolée je… Ouais, je veux bien. » Tes cheveux sont encore mouillés et tu peux pas t’empêcher de prendre une de tes mèches entre tes doigts, de l’y enrouler, de l’y dérouler. Comme de l’eau qui passe. Tu regardes au large. Tu dois observer quelque chose, fixer ton regard, sur tout, sauf sur lui. Tout, tout mais pas lui. Grande et longue respiration, humidification des lèvres et tu finis par poser ton regard sur lui, sourire aux lèvres. Un an. Un an, et c’est la première fois qu’il te voit vraiment. Et t’es mouillée, en pleure, et probablement complètement, totalement, ridicule.

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* équivalent de « putain ! » en français.

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Je sais, je sais, tu fais parfois du mal aux gens, parce que t'es pas toujours le mec le plus loyal ni le plus franc. Déjà qu'en temps normal, t'es un peu pas normal, justement. Mais en plus, quand tu bois, tu deviens rapidement assez sale limite flippant.©️ signature by anaëlle.
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MessageSujet: Re: (rusem) chapitre un.    Jeu 13 Aoû - 0:51

“On passe une moitié de sa vie à attendre ceux qu'on aimera et l'autre moitié à quitter ceux qu'on aime.”

england skies x shake shake go

Une voix sèche, froide, celle d'une vipère sur le point de mordre. « Non. »  Il ne savait pas quoi trop penser, lui, il n'était là que pour aider. Faux preux chevalier, au carrosse cassé, et à l'épée rouillée. Il n'eut pas le temps de lui faire remarquer, de lui dire qu'il était désolé de la déranger, qu'elle releva la tête. Boum. Boum. Boum. Le cœur qui fait boum. Et la flèche aveugle et invisible qui fonce dedans.
Des milliers de pensés passèrent dans sa tête quand ses mirettes mouillées rencontrèrent les siennes. Enfin, après. Après.
Un, deux trois.
Un instant, juste une seconde, le temps de compter jusqu'à trois. Il lâcha son paquet. Il tomba à ses pieds, soumis aux lois de la gravité. Seul chose qui pendant ce rapide moment les subirent.  Tout s'était arrêter. Son souffle, mais le sien aussi.  Il en oublia presque tout ce qui s'était passé. Toutes les emmerdes qu'il avait. Oui, quand ses pupilles rencontrèrent les siennes, les étoiles, le ciel lui parla. Regarde-la, regarde-la bien. Parce que tu vas lui briser le cœur.
Un, deux, trois, et c'était fini. Aussi vite que ça avait commencer.
Le paquet était au sol. Le temps avait repris son cours. Et lui, il comprenait pas. Il savait pas. Il voyait rien. Wissem, ce gamin qui cramait toujours tout, venait de perdre le fil. Il avait ce goût âpre dans sa bouche, cet étrange douleur au fond de l'estomac. Comme si tout ce qu'il ferait à partir de ce simple moment ne serait qu'une immense succession de connerie. Alors, il ramassa son paquet, voulant peut-être déjoué ce destin, ce signe. Mais il savait, il savait qu'il était foutu. Qu'elle était foutu. Et il s'en voulu. Pour rien, pour un non-sens, mais la culpabilité était là, tapis dans l'ombre, enserrant de ses crocs un peu plus son âme noir. Tel le lac. Peut-être était-ce parce qu'elle ressemblait à Lyndon. Ou à cette fille, un peu gauche, un douce qu'il avait soit disant sauvé il y a longtemps. Liesel. Ah oui, elle, aussi gentille qu'un soleil. Non, c'était pas ça.  Ce n'était pas pour ça qu'elle lui semblait familière. Mais il n'y arrivait pas à toucher du bout des doigts la fois, les fois, où il avait bien pu la voir.  Elle lui sourit doucement, comme si elle, elle savait très bien à qui elle avait à faire. C'était frustrant. Un peu excitant aussi. Mais profondément enervant. Allah, qui était cette fille ? « Désolée je… Ouais, je veux bien. » Elle était mignonne, à chercher ses mots impressionnés. Peut-être qu'il pourrait la réconforter à l'horizontal. Qui sait, ça lui plairait peut-être. Et lui, lui ça lui permettrait d'oublier que la dernière à avoir partager ses draps n'y reviendrait jamais. Qu'est-ce que tu croyais vermine, qu'elle t'aimerait ? Personne ne peut t'aimer. Il savait pas trop quoi faire, pas trop quoi dire. Alors il lui tendit le paquet, sortant à moitié une cigarette pour qu'il l'attrape. La sienne toujours dans sa bouche, il l'en avait presque oubliée. Mais elle était toujours là, se consumant doucement. Et qui bientôt lui brûlerait les lèvres. Comme Lyndon. Non, elle s'est déjà fait, vermine. Alors, va, va briser le cœur de cette fille, va la prendre dans ton lit, pour la jeter au petit matin. Va te salir un peu plus. Comme ça, même l'eau pur de la Mecque ne puisse te laver. « Attends, t'as pas froid, là ? » Dit-il dans un sourire charmeur. Un sourire de tueur. Dans cet instant, c'est le chasseur qui parle. Guettant doucement sa proie. La cajolant prudemment, ne voulant pas l'effrayer. Alors, il retire son manteau, une vieille veste en cuir qui a bien trop vécu, et le pose sur ses épaules. Tel un filet sur un animal sauvage. Attraper. Pris au piège. « Alors pourquoi, une aussi jolie jeune fille vient-elle pleurer seule au bord d'un lac ? C'est bien dommage. » Non, ce soir, il ne finira pas seul. Il ne le pouvait pas, il ne le fallait pas. Parce que ce soir, dans le creux de son lit, ses idées noirs reviendraient. Le flot de ses souvenirs le noierait, et encore une fois, il prendrait sa baguette. Et il hésiterait, encore, et encore.  


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MessageSujet: Re: (rusem) chapitre un.    Jeu 13 Aoû - 10:35

T’aimes pas ça. On pourrait penser que ce serait le plus beau jour de ta vie. Après tout, celui que tu veux te remarque enfin, te voit enfin. Mais c’était franchement pas le jour. Et certainement pas le moment. Mauvaise période du mois, mauvaise période de la journée, et mauvaise rencontre juste avant. Tout ça pour dire que, sincèrement, un an que tu l’attends il fallait qu’il débarque maintenant ? Ton sourire est réel, naturel, parce qu’il te voit, et que c’est quelque chose que tu attends depuis tellement longtemps. Mais d’un autre côté… Ton sourire se fane lorsqu’il te tend une cigarette du paquet qu’il a ramassé par terre. Réaction incompréhensible que de faire tomber son paquet de clope dans l’herbe doucement mouillée de Septembre. Réaction étrange. Aucune réponse ne semble sortir de ses lèvres, belles lèvres. Alors tu sors ta baguette, évitant de penser au fait que le garçon que t’aime depuis un an est à tes côtés à ce moment précis, et que tu fais rien, absolument rien, pour qu’il te connaisse un peu plus. Probablement parce que depuis ta rencontre avec Lyndon, tu te dis que t’es pas quelqu’un qu’on gagne à connaitre. Ou peut-être parce que t’as pas envie qu’il connaisse la Run que t’es en ce moment. La fille qui s’en veut, qui pense qu’elle est conne et qui met des personnalités sur les gens qu’elle connait pas juste en voyant leur physique, leur comportement et leurs relations. Tu veux pas qu’il connaisse cette fille, qui joue un rôle. La bonne blague. Tu veux pas qu’il te connaisse du tout alors en fait, c’est ça ? Tu veux pas qu’il connaisse une sang pur ? Tu veux pas qu’il rencontre la fille de ton oncle et de ta tante ? Parce que sinon, tu veux pas qu’il te rencontre. Peut-être que pour la première fois depuis un an, t’as envie de dire la vérité à quelqu’un. T’as envie que quelqu’un sache vraiment qui tu es, cette fille qui a perdu ses parents, puis son frère, puis sa sœur. Celle qui a fuit son pays. Celle qu’est venu y’a trois ans seulement. Celle qui force son accent pour qu’il ne sonne pas Suédois. Celle qui s’insulte juste après avoir insulté quelqu’un dans sa langue maternelle par habitude, juste parce qu’elle est comme ça. T’as envie qu’il te connaisse. Et pas Run, la fille qui se tape tout le monde, aînée d’une fratrie de la nouvelle-orléans. Non. Runhild, la fille du froid, celle qui a trop perdue pour pouvoir vivre sans douleur, celle qui s’habitue à vivre une vie qui n’est pas la sienne. Tu allumes le bâton mortel et en inspire une bouffée. T’es à moitié moldue après tout, et en Suède, t’as eu le temps de connaître ça avant qu’Otto et Lotta se fassent la malle. La douce présence de la fumée te relaxe, et tu fermes les yeux. Tu es bien là. Et même si tu oseras jamais l’avouer, le fait qu’il soit là, à côté de toi, c’est bon. Une présence connue, et pourtant si étrangère. Une odeur connue, mais que tu n’as jamais sentie d’aussi prêt. Alors tu profites du temps qui passe, et t’attends que quelque chose se passe. N’importe quoi. Ou rien. Ce serait bien rien aussi. Que tu puisses juste profiter de ce moment de silence, où tu n’as rien à dire, où tu n’as pas à mentir sur toi.

« Attends, t’as pas froid, là ? » Huh ? Tu tournes doucement la tête vers lui, clope en main, et tu soulèves un de tes deux sourcils. Question débile. T’es suédoise, le froid, c’est ton créneau. Et là, il fait pas froid, il fait bon. Température idéal de la Nouvelles Orléans. Quoique… Ça t’arrangerait qu’il fasse un peu plus froid. T’aimes le froid. T’aimes pouvoir sortir quand il fait frais. Pas pour montrer ta différence, mais pour te souvenir de qui t’es. Tu frissonnes pourtant. Mais c’est pas à cause du froid. Cette veste, sur tes épaules, c’est à lui. Et il te la donne. Prends le risque de passer pour une groupie en chaleur, mais c’est sa veste. Et elle est sur toi. Sur tes épaules. Et t’attends ce genre de trucs depuis un an. Et c’est maintenant, alors que t’es dans une humeur de merde, que t’as eu une journée et un mois merdique, qu’il te la donne et qu’il fait son numéro de gros lourd charmeur. Non mais… Pourquoi ça arrive qu’à toi ces trucs-là ? Combien de fois t’as pleuré un peu près à cet endroit ? Combien de fois il aurait pu te trouver comme ça ? Combien de fois cette situation aurait pu avoir lieu ? Quasiment tous les jours. Depuis un an. Mais non. Parce qu’il a l’air bien doué Wissem, il débarque aujourd’hui. « Alors pourquoi, une aussi jolie jeune fille vient-elle pleurer seule au bord d’un lac ? C’est bien dommage. » Tu souris et aspires une fois de plus la fumée mortelle du bâton moldu. Lorsque tu relâches le superflu, un rire s’y incruste. Un rire franc. Un rire de trop plein. Il te drague ! Non mais, vous croyez ça vous ? Il te drague ! Après une putain d’année à le regarder tourner autour de la même fille, après une année entière à le regarder, triste de savoir que tu seras jamais à la place de cette ancienne sorcière de l’ouest devenue la gentille de l’histoire. Après une putain d’année entière, il vient, le seul jour où il aurait pas dû, et il te drague. Lourdement. Comme un connard qui veut se taper quelqu’un. Et merde ce que ça te fait mal. Parce que t’as pas envie de ça. T’as pas envie d’être une fille parmi les autres. T’as pas envie d’être une remplaçante le temps qu’il l’oublie elle. T’as pas envie qu’il passe à autre chose après. Et puis franchement… Qui drague encore avec le fameux « T’as pas froid, tiens prend mon manteau ? » Personne fait plus ça ! Personne ! Tu continues à rire, comme une dégénérée. Et il doit probablement te prendre pour une folle, mais putain, c’est trop bon. C’est la situation du siècle franchement. Lorsque tu finis par te calmer, doucement, t’essuies rapidement une larme qui a coulé pendant ta crise de rire, et tu reprends une bouffée de cigarette, juste pour te calmer. Mais qu’il est con ! Mais qu’il est con ! Tu te tournes vers lui, et tu luis souris sincèrement. Comment te dire ça mon pote ? « Écoute euh… Ma famille est suédoise, le froid, c’est un peu mon truc, tu vois ? Et sincèrement ? Le coup du manteau ? T’aurais pu trouver autre chose, c’est passé de mode. » Tu enlèves le blouson de tes épaules, chose étonnement dure à faire, et tu lui poses gentiment sur les jambes. Pas méchamment, juste pour lui dire que bah, les plans dragues à deux balles, c’est pas ton truc, c’est pas ce que tu veux. Pas avec lui. N’importe qui d’autre, tu serais rentré dans son jeu, mais pas lui. « Quant au pourquoi je suis là ? Ce n’est absolument pas ton problème. Mais merci pour la clope. » Comme pour prouver ce que tu dis, tu reprends une bouffée. T’as aucune idée d’où te vient cette assurance. D’où te vient cette facilité à lui parler, à lui répondre comme tu viens de le faire, mais elle est là. Et putain, t’adores ça. C’est libérateur. Tu t’allonges, un bras en dessous de ta tête, ton dos profitant de la fermeté du sol. Un rire de ta part. « Jösses !* » Tu fermes pas les yeux, tu l’observes. Il est beau. Tellement beau. Et depuis un an que t’attends ce moment. Un an. T’as la peur qui te ronge les entrailles. Et si t’étais en train de le gâcher ce moment, cette chance, première et unique. Hein ? Et si tu l’avais déjà gâché ?

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* Equivalent en Anglais de « Geez », donc en français euh… Ce serait logiquement « Jesus », mais je sais pas trop en fait, comment traduire ça en français. « Bah putain » ou « Merde quoi » je pense, ou quelque chose dans le ton.

Édit : trouvé. Je pense que ça pourrait être l'équivalent de "bon sang !"

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